Distilbène : ses effets sur la fertilité
Distilbène : ses effets sur la fertilité

Le Distilbène, un médicament prescrit aux femmes enceintes jusqu’en 1977, a diminué la fertilité des petites filles exposées in utero. Aujourd’hui, en âge d’être mères, leur grossesse doit être étroitement suivie pour aller à terme. Le point sur cette molécule.

Les effets secondaires du Distilbène

Le Distilbène est le nom commercial d’une molécule, le Diéthylstiboestrol. Cet œstrogène de synthèse a été prescrit aux femmes enceintes pour prévenir les fausses couches. Malheureusement, on s’est aperçu tardivement que cette molécule avait des effets secondaires sur les fœtus, notamment sur leur appareil reproducteur. La molécule a entraîné chez les petites filles exposées in utero des difficultés à plusieurs niveaux : un utérus parfois mal formé ou trop petit, un col manquant de tonicité ou une altération des trompes de Fallope. Certaines femmes ont aussi développé un cancer du vagin.

Distilbène : les femmes à risque

Premier critère : l’année de naissance. Les femmes nées après 1977 n’ont pu être touchées par ce médicament puisqu’il a été retiré du marché à cette date. Celles qui sont nées avant 1977 doivent se renseigner auprès de leur mère pour savoir si cette dernière a pris du Distilbène au cours de ses cinq premiers mois de grossesse. C’est particulièrement vrai pour les filles nées autour des années 70, période où la molécule a été assez largement prescrite (on estime que 200 000 filles ont été exposées in utero). Une consultation, notamment dans le cadre des bilans d’infertilité, permet aussi de faire le point. Enfin, certains signes peuvent alerter et pousser à consulter : des fausses couches répétées ou un délai très long pour obtenir une grossesse. Les hommes aussi peuvent être touchés. Les effets sur les garçons sont un peu différents : ils sont plus fréquemment exposés à des troubles de la fertilité et leurs testicules ont parfois un mauvais positionnement.

La stérilité est-elle inévitable ?

Tout dépend du degré d’atteinte. Pour certaines femmes, une grossesse est impossible, pour d’autres, il faut envisager une fécondation vitro, pour d’autres encore, mettre en route un bébé n’est pas un problème. Une fois enceinte, la future maman est très surveillée car les fausses couches (parfois tardives) et les grossesses extra-utérines sont plus fréquentes, les accouchements prématurés également. Aussi, il est important de consulter dès qu’on pense être enceinte, notamment pour s’assurer de l’implantation de l’œuf dans l’utérus et mettre en place une prévention adaptée pour mener à bien la grossesse. Un cerclage du col peut s’avérer utile et le repos absolu est fréquent.

Le suivi des « filles Distilbène »

Il existe aujourd’hui des consultations spécialisées qui suivent les « filles Distilbène », notamment dans les centres hospitaliers universitaires. Mais la plupart des gynécologues obstétriciens suivent les femmes concernées par le DES de la même façon car l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps*) a émis des recommandations concernant le suivi des femmes touchées par le DES en 2003.

Distilbène : les petits-enfants aussi exposés ?

Des doutes subsistent car les études sont encore insuffisantes pour confirmer les premières hypothèses. Cependant, il semblerait que les petits garçons des femmes ayant pris du Distilbène présentent plus fréquemment des malformations au niveau du système urinaire.


Article publié le 31 octobre 2007 Article mis à jour le 24 janvier 2014
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