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un psy à la crèche

Un psy à la crèche

À un âge où l’enfant doit commencer sa vie sur de bonnes bases, le psychologue de crèche observe le comportement des bébés.

Le psy des tout-petits n’a rien à voir avec celui des « grands ». « Il n’est pas thérapeute,  il intervient dans  le normal et non dans le pathologique » explique le psychologue de crèche Emilien Morel. Avec les enfants, le travail du psy réside donc en leur observation. Durant ces séances, il peut déceler des problèmes psychomoteurs, auquel cas il dirigera les parents vers un spécialiste.

Pourquoi Paul refuse t-il systématiquement son biberon ? Pourquoi Louise pleure t-elle sans cesse ? Le psy cherche des solutions. « En général, le problème se règle tout seul. Il faut simplement respecter le rythme d’adaptation de l’enfant » rassure le psychologue.

Il n’y pas non plus de quoi s’inquiéter lorsqu’un enfant est agressif, jusqu’à mordre ses petits camarades ! « Ce comportement revient fréquemment en crèche, il résulte en grande partie des effets de la séparation, de l’ambiance générale du groupe et de l’encadrement donné aux enfants » constate le psychologue Denis Mellier*. Si le besoin se pose, le spécialiste peut questionner les parents sur l’attitude de l’enfant à la maison. « Ils peuvent craindre d’être méjugés sur l’éducation de leur enfant, précise le psy, il est préférable de les rencontrer de façon informelle, lorsqu’ils amènent ou viennent chercher leur enfant »

Le psy peut aussi suggérer des conseils aux parents qui le souhaitent, comme Volga qui a demandé quelle attitude adopter pour  « faire cesser sa fille de répéter continuellement la même bêtise ». (Lire la discussion sur notre forum)

Futur délinquant ?

« Vivre ses émotions, communiquer, avoir de bonnes relations avec les adultes… Les difficultés de la vie prennent racines chez l’enfant en bas âge, avertit Emilien Morel. C’est pourquoi il est très important d’être attentif à la crèche, pour s’assurer qu’il commence sa vie sur de bonnes bases. Plus tard, c’est plus difficile de réparer… »
De là à déceler un futur délinquant chez l’enfant de moins de 3 ans ? « C’est exagéré », considère le psychologue.  « Parler de délinquance juvénile est dangereux car il y a un risque de stigmatiser les enfants et d’alarmer les parents. »

Fin 2005, une expertise de l’Inserm préconisait un dépistage très précoce des troubles comportementaux chez l’enfant, censés annoncer un parcours vers la délinquance. Lors d’un colloque en novembre 2006, les experts et le ministre de la Santé de l’époque, Xavier Bertrand, ont battu en brèche cette disposition, en jugeant que « c’est la souffrance de l’enfant qu’il faut s’attacher à traiter. »



* Auteur de L’inconscient à la crèche, aux éditions Erès.

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