Calculs d’apothicaire
Jusque-là évalué à 2,5%, ce taux recule à 2,16 en tenant compte d’un nouveau paramètre : l’âge d’arrivée en France
Telle est la conclusion d’une étude réalisée par Laurent Toulemon, chercheur à l’Insee, et publiée dans le numéro d’avril de Populations et sociétés. Son travail, fondé sur un nouvel indice qui tient compte des trajectoires de migration, relativise le surcroît de fécondité des immigrées. Une manière de battre en brèche une idée fort répandue.
Pour calculer cette fécondité, les statisticiens avaient, jusqu’à présent, appliqué une "approche classique", moyenne des taux de fécondité observés à chaque âge. M. Toulemon s’est rendu compte que ce calcul omettait un paramètre décisif pour les immigrées dans leur désir d’enfant : le moment de la migration et l’âge auquel elle s’effectue.
Ainsi l’Etude de l’histoire familiale a démontré que les immigrées entrées très jeunes en France (avant l’âge de 13 ans) ont à peine plus d’enfants que les femmes nées sur le territoire national. A l’inverse, quand elles sont arrivées vers 25-30 ans, leur fécondité est très supérieure à celle des autres femmes.
Le profil de ces migrantes "tardives" a cependant une particularité : au moment d’entrer en France, elles ont en moyenne moins d’enfants que les natives de France.
Un phénomène qui s’explique par le fait que la migration est souvent associée à la formation du couple. Les femmes attendent d’être installées dans le pays d’accueil pour avoir des enfants.
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