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Stress et grossesse : quels sont les risques ?
L'impact du stress pendant la grossesse

La grossesse n’est pas, pour toutes les mères, une période de plénitude et d’épanouissement. Certaines femmes enceintes sont déprimées, inquiètes, tristes… De nombreuses études montrent aujourd’hui que ce stress peut avoir un impact sur la grossesse et le bébé. Mais qu’en est-il vraiment ? Réponses.

Plus d’une femme sur trois ne connaît pas bien les risques liés au stress pendant la grossesse, selon une enquête de la Fondation PremUp. Pourtant, ces risques existent. Les récents travaux semblent bien indiquer une incidence du stress prénatal sur le déroulement de la grossesse et la santé du futur bébé. Une vaste étude hollandaise, réalisée en 2011 sur plus de 66 000 mères et enfants, a confirmé que le stress maternel pouvait être associé à certaines pathologies. « Il y a maintenant des données qu’on ne peut pas contester », confirme Françoise Molénat*, pédopsychiatre et psychanalyste en périnatalité. « Des études très précises ont comparé le type de stress prénatal et les effets sur la maman et le bébé. »

Les petits stress du quotidien, sans risque

Le mécanisme est en fait assez simple. Le stress génère des sécrétions hormonales qui passent la barrière placentaire. Le cortisol, l’hormone du stress, peut ainsi se retrouver, en plus ou moins grande quantité, dans le sang du bébé. Mais pas de panique, toutes les émotions n’influent pas forcément sur la grossesse et le fœtus.
Le stress d’adaptation, celui qui survient lorsqu’on apprend qu’on est enceinte, n’est absolument pas négatif. « Il ne faut pas que les mères s’affolent, ce stress est une réaction de défense face à une situation nouvelle. Il est tout à fait normal », explique Françoise Molénat. « La grossesse induit beaucoup de bouleversements physiques et émotionnels. »
Le stress émotionnel, quant à lui, génère de la tension, de la peur, de l’irritabilité. Il est très fréquent pendant la grossesse. La maman est en proie à des petites angoisses du quotidien, des sautes d’humeur inexpliquées. Mais là encore, il n’y a pas d'incidence sur la santé de l’enfant ou sur le déroulement de la grossesse. Si toutefois ces émotions ne retentissent pas trop sur l’état général.

Stress et grossesse : les risques chez la maman

Parfois, c’est vrai, il arrive que les futures mamans aient des niveaux de stress plus importants. Chômage, problèmes familiaux ou conjugaux, deuil, accident… ces événements angoissants peuvent avoir de véritables répercussions chez la femme enceinte et son fœtus. Il en est de même lors d’un stress aigu provoqué par une catastrophe naturelle, une guerre… Des travaux montrent que ces angoisses sont effectivement associées à des complications de la grossesse : accouchement prématuré, retard de croissance, petits poids à la naissance.

Stress et grossesse : les risques chez le bébé

Certains stress peuvent aussi provoquer chez les enfants des pathologies infectieuses, des maladies de l'oreille, des voies respiratoires. Une récente enquête de l’Inserm suggère que les bébés, dont la mère a vécu un événement particulièrement angoissant durant la grossesse, ont un risque accru de développer de l’asthme et de l’eczéma. D’autres impacts ont également été observés, « en particulier dans les domaines cognitifs, émotionnels et comportementaux », note Françoise Molénat. « Le stress de la maman peut générer des troubles dans la régulation du système nerveux du fœtus », pouvant affecter le développement psychologique du nourrisson. A savoir d’ailleurs que les 1er et 3ème trimestre de grossesse sont les périodes les plus sensibles.
Prudence toutefois, les effets plurifactoriels du stress restent difficiles à évaluer. Heureusement, rien n’est définitif. La plupart des impacts sont réversibles. « Ce qui peut rendre le fœtus vulnérable in utero peut être récupéré à la naissance », assure Françoise Molénat. « Le contexte qui va être offert à l’enfant est décisif et peut réparer les expériences d’insécurité. »

Accompagner la maman pendant la grossesse

Pas question de culpabiliser la maman en lui disant que son stress est mauvais pour son bébé. Cela ne ferait qu’accroître ses angoisses. Le plus important est de l’aider à diminuer ses craintes. La parole reste le premier des traitements pour améliorer le bien-être maternel. Nicole Berlo-Dupont, sage-femme cadre en hospitalisation à domicile, l’observe quotidiennement. « Les femmes que j’accompagne subissent des complications pendant leur grossesse. Elles sont particulièrement angoissées. Notre rôle, c’est d’abord de les rassurer. »
L’entretien individuel du 4e mois, mis en place par le plan périnatalité 2005-2007, a justement pour objectif de permettre aux femmes d’être écoutées, afin de déceler d’éventuelles difficultés psychologiques. « Une future maman stressée a d’abord besoin qu’on s’occupe d’elle », ajoute Françoise Molénat. « Si elle se sent entendue dans sa propre inquiétude, elle ira déjà beaucoup mieux. La parole a une fonction extrêmement sécurisante mais il faut qu’elle soit fiable. » Aux professionnels maintenant de prendre la mesure de cet enjeu !

*Françoise Molénat est l'auteure avec Luc Roegiers, de " Stress et grossesse. Quelle prévention pour quels risques? ", éd. Erès

Vos commentaires

1 commentaire
sur "Stress et grossesse : quels sont les risques ?"

  • 16h, ven 05 déc. anonyme Je suis séparé de mon mari, je suis très engoisser et je suis enceinte de 4 semaines de grossesse et c'est mon deuxième que faire . > Signaler un abus
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