Seules 2 % à 7 % des Françaises ont réellement conscience de l’importance des omégas 3 et omégas 6 pendant la grossesse. Le Pr Lapillonne, du service de néonatologie et nutrition de l’hôpital Saint-Vincent de Paul à Paris, revient sur le rôle essentiel de ces acides gras…
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Pourquoi les omégas 3 et omégas 6 sont-ils si importants pour les mamans et leur bébé ?
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Où trouve-t-on les omégas 3 et omégas 6 dans l’alimentation ?
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Quelles sont les recommandations alimentaires pour les femmes enceintes ou allaitantes ?
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Dans quels cas envisager une supplémentation en omégas 3 ?
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Après la naissance, comment apporter des taux suffisants d’omégas 3 et omégas 6 aux nourrissons ?
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Quelles sont les conséquences d’une déficience en omégas 3 et omégas 6 ?
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Que recommandez-vous pour les nourrissons ?
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Pourquoi les omégas 3 et omégas 6 sont-ils si importants pour les mamans et leur bébé ?
L’acide linoléique et alpha-linolénique sont des acides gras omégas 6 et omégas 3 particuliers car l’organisme humain ne peut pas les synthétiser. Ils doivent donc être apportés par l’alimentation, aussi bien de l’adulte que de l’enfant, et sont souvent qualifiés de « bonnes » graisses car leur consommation participe à la prévention des maladies cardiovasculaires A partir de ces acides gras indispensables, l’organisme est capable de produire toute une série de dérivés omégas 3 (le DHA) et omégas 6 (l’acide arachidonique), dont certains sont nécessaires à la croissance des enfants et à leur bon développement neurologique. On les trouve d’ailleurs en grande quantité dans le cerveau et la rétine.
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Où trouve-t-on les omégas 3 et omégas 6 dans l’alimentation ?
Les acides gras précurseurs des omégas 3 se trouvent plutôt dans les huiles végétales de type colza, noix ou les mélanges d’huiles. Le DHA, dérivé oméga 3, se trouve dans les poissons gras et les huiles de poisson. Les précurseurs des omégas 6 sont contenus essentiellement dans les huiles végétales de type tournesol et maïs. L’acide arachidonique, dérivé oméga 6, est présent dans le jaune d’œuf et la viande.
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Quelles sont les recommandations alimentaires pour les femmes enceintes ou allaitantes ?
En France, les habitudes alimentaires ont fortement évolué. Depuis les années 1900, on observe une augmentation de la consommation totale de graisses. Grâce aux campagnes d’information, la consommation des graisses polyinsaturées, essentiellement des omégas 6, a augmenté dans l’optique de prévenir les maladies cardiovasculaires. C’est pourquoi, aujourd’hui, les femmes enceintes ou allaitantes ne sont généralement pas carencées en omégas 6.
Par contre, beaucoup ne consomment pas suffisamment d’omégas 3, et cela concerne aussi bien le précurseur que l’on trouve dans les huiles végétales, que le dérivé présent dans les huiles de poissons. Pour avoir des taux suffisants en omégas 3 et DHA, il est recommandé de manger deux portions de poisson par semaine, dont au moins un poisson gras (saumon, thon…). Le tout, en gardant une alimentation équilibrée et en variant les huiles -
Dans quels cas envisager une supplémentation en omégas 3 ?
Si, au cours d’une consultation, il y a une impossibilité de savoir si l’alimentation de la future maman est équilibrée, ou s’il est difficile de modifier les habitudes alimentaires, alors l’option d’une supplémentation en omégas 3 peut être intéressante. Pour assurer sa croissance, le fœtus a effectivement besoin de recevoir ces omégas 3 via le placenta. Une supplémentation peut aussi être envisagée chez les mamans allaitantes. Il semble important de suivre les recommandations nutritionnelles entre les grossesses afin de refaire son stock de DHA pour un prochain bébé.
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Après la naissance, comment apporter des taux suffisants d’omégas 3 et omégas 6 aux nourrissons ?
Par le lait maternel, qui contient à l’état naturel des omégas 3 et omégas 6 spécifiques et indispensables à la croissance de l’enfant, à la fois des précurseurs et des dérivés d’acides gras. Les bébés ont besoin d’avoir directement ces dérivés déjà formés pour assurer les besoins nécessaires à leur croissance rapide. Des progrès ont été faits aussi dans la formulation des laits infantiles puisque certaines contiennent également ces dérivés. Il faut savoir que le lait maternel renferme une quantité stable d’acide arachidonique, alors que le taux de DHA est plus dépendant de l’alimentation de la mère, notamment de la consommation de poisson. La preuve en est que le lait des femmes japonaises en contient 2 à 3 fois plus que celui des femmes françaises, qui en contient à son tour 2 à 3 fois plus que celui des femmes africaines, faibles consommatrices de poissons.
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Quelles sont les conséquences d’une déficience en omégas 3 et omégas 6 ?
Une déficience sévère en omégas 3 et omégas 6 peut altérer le développement normal du cerveau du bébé et avoir des répercussions sur sa vision. Néanmoins, si on rétablit précocement les apports alimentaires recommandés, il est tout à fait possible de prévenir ces anomalies
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Que recommandez-vous pour les nourrissons ?
Chez les nourrissons à risque (les prématurés ou les nouveau-nés de petit poids de naissance), on préconise bien sûr le lait maternel. A défaut, une formule de lait artificiel supplémenté en omégas 3 et omégas 6, donné jusqu’à un an, est très certainement intéressante chez ces enfants. Il faut savoir que, depuis 1995, les laits pour prématurés en France sont tous supplémentés en DHA. Le sevrage de ces laits pour enfants de faible poids de naissance devrait se faire à l’aide d’un lait 1er âge, puis d’un lait 2ème âge. On assiste aussi à une véritable évolution des mentalités du côté des professionnels (diététiciens, pédiatres…) qui freinaient au départ le développement des laits supplémentés. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas, surtout qu’il pourrait y avoir un vrai bénéfice de ce type de lait chez les nouveau-nés fragiles.
Le même type de bénéfice est attendu chez les enfants nés à terme, tout en sachant que les atouts de ce type de lait supplémenté sont probablement moindres si les enfants naissent avec un bon statut en DHA, c’est-à-dire d’une mère forte consommatrice de poissons. Cela montre que la santé d’un nourrisson dépend non seulement de ce qu’il reçoit après la naissance, mais aussi de l’équilibre nutritionnel de sa mère, qui joue un rôle important







