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Sommaire- 1. 8 questions sur le retard de croissance in utero
Le retard de croissance intra-utérin (RCIU) ou hypotrophie fœtale concerne entre 3 et 10 % des grossesses. Modérée ou sévère, cette pathologie peut avoir de graves répercussions sur la santé, voire la vie du bébé. Réponses aux questions les plus fréquentes que vous vous posez.
Isabelle HallotRetard de croissance in utero, de quoi s’agit-il ?
Le retard de croissance intra-utérin (RCIU) est une complication de la grossesse qui se traduit par un fœtus de taille insuffisante pour l’âge de la grossesse. Les courbes de croissance durant la grossesse sont exprimées en « percentiles ». On évoque un retard de croissance lorsque les mesures du bébé sont inférieures au 10e percentile. A la naissance, cela se traduit par un poids du nourrisson insuffisant par rapport aux courbes de référence.
Comment dépister un retard de croissance du fœtus ?
C’est souvent une hauteur utérine trop petite pour le terme de la grossesse qui alerte la sage-femme ou le médecin et les conduit à demander une échographie. Cet examen permet de diagnostiquer un grand nombre de retards de croissance intra-utérins (cependant, près d’un tiers des RCIU ne sont découverts qu’à la naissance). La tête, l’abdomen et le fémur du bébé sont mesurés et comparés à des courbes de référence. Quand les mesures sont comprises entre le 10e et le 3ème percentile, le retard est dit modéré. En dessous du 3ème, il est sévère.
L’examen échographique se poursuit par l’étude du placenta et du liquide amniotique. Une diminution du volume de liquide est un facteur de gravité qui indique une souffrance du foetus. La morphologie du bébé est ensuite étudiée pour rechercher d’éventuelles malformations fœtales à l’origine du problème de croissance. Pour contrôler les échanges entre la maman et le bébé, un doppler ombilical fœtal est pratiqué.
Existe-t-il plusieurs sortes de retard de croissance ?
Deux catégories de retard existent. Dans 20 % des cas, il est dit harmonieux ou symétrique et intéresse tous les paramètres de croissance (tête, abdomen et fémur). Ce type de retard commence tôt dans la grossesse et fait souvent craindre une anomalie génétique.
Dans 80 % des cas, le retard de croissance apparaît tardivement, au 3ème trimestre de grossesse, et ne touche que l’abdomen. On parle alors de retard de croissance dysharmonieux. Le pronostic est meilleur puisque 50 % des enfants rattrapent leur retard de poids dans l’année qui suit la naissance.
Quelles sont les causes du retard de croissance in utero ?
Elles sont multiples et relèvent de mécanismes divers. Les RCIU harmonieux sont dus principalement à des facteurs génétiques (anomalies chromosomiques), infectieux (rubéole, cytomégalovirus ou toxoplasmose), toxiques (alcool, tabac, drogues) ou médicamenteux (antiépileptiques).
Les RCIU dits dysharmonieux sont le plus souvent la conséquence de lésions placentaires qui entraînent une diminution des échanges nutritionnels et de l’apport en oxygène indispensables au fœtus. Le bébé étant mal « nourri », il ne grossit plus et maigrit. Cela survient dans les pré-éclampsies, mais également lorsque la maman souffre de certaines maladies chroniques : diabète sévère, lupus ou maladie rénale. Une grossesse multiple ou des anomalies du placenta ou du cordon peuvent aussi entraîner un retard de croissance. Enfin, si la maman est mal nourrie ou souffre d’anémie sévère, cela peut perturber la croissance du bébé. Cependant, pour 30 % des RCIU, aucune cause n’est identifiée.
RCIU : y a-t-il des mamans à risques ?
Certains facteurs prédisposent au retard de croissance : le fait que la maman soit enceinte pour la première fois, qu’elle souffre d’une malformation de l’utérus ou soit de petite taille (< 1,50 m). L’âge joue également puisque le RCIU est plus fréquent avant 20 ans ou après 40 ans. De mauvaises conditions socio-économiques augmentent aussi le risque. Enfin, une maladie maternelle (maladie cardio-vasculaire, par exemple), ainsi qu’une nutrition insuffisante ou un antécédent de RCIU peuvent également majorer sa survenue.
Retard de croissance : quelles conséquences pour le bébé ?
Le retentissement sur l’enfant dépend de la cause, de la sévérité et de la date d’apparition du retard de croissance pendant la grossesse. Il est d’autant plus grave que la naissance a lieu prématurément. Parmi les complications les plus fréquentes, on trouve : des perturbations biologiques, une moins bonne résistance aux infections, une mauvaise régulation de la température du corps (les bébés se réchauffent mal) et une augmentation anormale du nombre de globules rouges. La mortalité est également plus importante, surtout chez les nourrissons ayant souffert d’un manque d’oxygène ou ayant de graves infections ou malformations. Si la majorité des bébés rattrape leur retard de croissance, le risque de petite taille définitive est sept fois plus élevé chez les enfants nés avec un retard de croissance intra-utérin.
Comment traite-t-on un retard de croissance ?
Malheureusement, il n’existe pas de traitement curatif des RCIU. La première mesure sera de mettre la maman au repos, couchée sur le côté gauche, et dans les formes sévères avec apparition d’une souffrance fœtale, de faire naître le bébé plus tôt.
Quelles précautions pour une prochaine grossesse ?
Le risque d’une récidive de RCIU avoisine les 20 %. Pour l’éviter, certaines mesures préventives sont proposées à la maman. Le suivi échographique de la croissance du bébé ou le dépistage d’une hypertension sera renforcé. En cas de RCIU d’origine toxique, on recommande à la maman la suppression du tabac, de l’alcool ou des drogues. Si la cause est nutritionnelle, un régime alimentaire et une supplémentation vitaminique seront prescrits. En cas de cause infectieuse, vaccinations anti-rubéole ou mesures hygiéno-diététiques (contre la toxoplasmose ou le cytomégalovirus) seront instaurées. Un conseil génétique est aussi entrepris en cas d’anomalie chromosomique.
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