Les 10 points clés de l'après-césarienne

Publié par Isabelle Blin  |  Mis à jour le par Antoine Blanchet

Une maman sur cinq accouche par césarienne. Même si l’on y est préparée, il s’agit d’une intervention chirurgicale dont il faut se remettre en douceur. Ce qu’il faut savoir pour bien vivre cette période et les semaines qui suivront le retour à la maison.

Césarienne et post partum : quelles sont les suites ?

De retour dans notre chambre, encore un peu sonnée par ce que nous venons de vivre, et on se demande pourquoi on nous laisse tous ces tuyaux. C’est normal, ils vont nous assister pendant quelques heures, le temps que notre organisme soit à nouveau totalement opérationnel. Ainsi, la perfusion nous nourrit et nous hydrate en attendant notre premier repas, dès le soir, sans doute.
La sonde urinaire permet d’évacuer les urines ; elle sera retirée dès que celles-ci seront suffisamment abondantes et de couleur normale.
Dans certaines maternités, l’anesthésiste laisse également en place le cathéter de la péridurale pendant 24 à 48 heures après l’intervention, afin de maintenir une légère anesthésie. Ou lorsque la césarienne a été difficile (hémorragie, complications) et que le chirurgien risque de devoir intervenir à nouveau.
Quelquefois enfin, un drain (ou redon) est inséré sur le côté de la plaie pour évacuer le sang qui pourrait encore s’en écouler, mais c’est de plus en plus rare.

Soulager la douleur due à la césarienne, une priorité

Toutes les femmes redoutent le moment où la douleur va se réveiller. Il n’y a plus de raison : dans un nombre croissant de maternités, elles reçoivent systématiquement un traitement antalgique dès qu’elles rejoignent leur chambre et avant même que la douleur se réveille. Il est maintenu à heures régulières les quatre premiers jours. Au-delà, à nous de demander des antalgiques dès les premières sensations désagréables. On n'attend pas qu’on nous le propose, ou que “ça passe tout seul”. On peut aussi avoir des nausées, des démangeaisons ou des éruptions cutanées en réaction à la morphine. Là encore, on en parle aux sages-femmes, elles peuvent nous soulager.

L'allaitement est possible après une césarienne

Rien n’empêche de mettre son enfant au sein dès la salle de réveil. L’important, c’est que l'on soit tous les deux installés confortablement. Par exemple, on s'allonge sur le côté et on demande que l’on pose notre bébé la bouche à hauteur de notre poitrine. A moins que l'on soit mieux sur le dos, notre enfant couché en travers sous notre aisselle, sa tête au-dessus de notre sein. On ressentira peut-être quelques contractions désagréables pendant la tétée, ce sont les fameuses “tranchées”, qui permettent à l’utérus de retrouver sa taille initiale.

Césarienne : prévenir le risque de phlébite

Dans certaines maternités, les femmes qui ont accouché par césarienne reçoivent systématiquement, et pendant plusieurs jours, une injection d’anticoagulants pour prévenir les phlébites (formation d’un caillot dans une veine des jambes). Dans les autres, ce traitement n’est prescrit qu’aux mamans qui présentent des facteurs de risque ou des antécédents de thrombose.

Une reprise du transit ralentie après la césarienne

L’anesthésie, certains gestes pratiqués lors de l’intervention et l’immobilité ont rendu notre intestin paresseux. Résultat : les gaz se sont accumulés et on est constipée. Pour favoriser la reprise du transit, on aura droit le jour-même à une boisson et à une ou deux biscottes. Si cela ne suffit pas, on masse notre ventre dans le sens des aiguilles d’une montre, en inspirant longuement et en poussant, comme pour expulser les gaz vers l’extérieur. Pas d'inquiétude : la plaie ne risque absolument pas de s’ouvrir. Et on n'hésite pas à marcher, car l’exercice stimule le transit. Tout rentrera dans l’ordre dans quelques jours.

Quand peut-on marcher après une césarienne ? Les premiers pas… avec la sage-femme

Partagée entre la peur d’avoir mal et l’envie de garder notre bébé dans les bras, difficile de trouver la position idéale. Pendant les premières 24 heures pourtant, aucun doute : on reste allongée sur le dos. Même si c’est très frustrant. C’est la meilleure position pour favoriser la circulation sanguine et la cicatrisation. Patience, dans 24 à 48 heures, on pour se lever, en se faisant aider. On commence par se tourner sur le côté, on replie les jambes et on s'assied en poussant sur notre bras. Une fois assise, on pose les pieds bien à plat sur le sol, on prend appui sur la sage-femme ou sur notre compagnon, et se redresse en regardant droit devant soi.

A savoir

Plus on marchera, plus notre convalescence sera rapide. Mais on reste raisonnable : on ne va pas non plus se contorsionner pour aller récupérer le chausson qui s’est égaré sous le lit !

Césarienne : des pertes plus abondantes

Comme chez toute accouchée, des saignements rouge vif accompagnés de petits caillots vont s’écouler par le vagin. C’est le signe que l’utérus se débarrasse de la muqueuse superficielle qui était en contact avec le placenta. Seule différence : ces lochies sont un peu plus importantes après une césarienne. Vers le cinquième jour, les pertes deviendront moins abondantes et s’éclairciront pour devenir rosâtres. Elles dureront encore plusieurs semaines, deux mois quelquefois. Si subitement elles deviennent à nouveau rouge vif, très abondantes, ou si elles persistent plus de dix semaines, on consulte le médecin.

Cicatrisation : prendre soin de la plaie sur le ventre

A aucun moment on n'aura à s'en préoccuper. Durant notre séjour à la maternité, une sage-femme ou une infirmière nettoiera chaque jour la plaie avant de vérifier qu’elle se referme correctement. Après 48 heures, elle nous retirera peut-être même le pansement, afin que la peau cicatrise à l’air libre. Cela arrive rarement, mais la plaie peut s’infecter, devenir rouge, suintante et provoquer de la fièvre. Dans ce cas, le médecin prescrit aussitôt des antibiotiques et tout rentre rapidement dans l’ordre. Si l’incision n’a pas été recousue avec du fil résorbable, l’infirmière retirera les fils ou les agrafes entre cinq à dix jours après l’intervention. Ensuite, plus rien.

A savoir

Côté toiletterons pourra prendre une douche rapide dès le deuxième jour. On n'hésite pas à s'asseoir sur une chaise si on se sent encore un peu vacillante sur nos jambes. Pour le bain, mieux vaut attendre une dizaine de jours.

Post accouchement : le retour à la maison après une césarienne et l'hospitalisation

Selon les maternités, on rentrera à la maison entre le quatrième et le neuvième jour après la naissance. Dans la zone où vous avez été opérée, on ne ressentira probablement rien, et c'est normal. Cette insensibilité est temporaire, mais elle peut durer cinq ou six mois. En revanche, la cicatrice peut démanger, tirailler. Seul soin recommandé : la masser régulièrement avec une crème ou un lait hydratant. En favorisant la circulation du sang, on accélère aussi la cicatrisation. Pour autant, on reste prudente. Au moindre signe inhabituel (vomissements, fièvre, douleur dans les mollets, saignement important), on contacte le médecin. Et bien sûr, on évite de porter des choses lourdes ou de se relever brusquement.

Césarienne : permettre au corps de se remettre

Nos muscles, nos ligaments et notre périnée ont été mis à rude épreuve. Il leur faudra environ quatre ou cinq mois pour retrouver leur tonus. A condition de les faire travailler en douceur. C’est tout l’intérêt des dix séances de kinésithérapie prescrites par le médecin au cours de la consultation postnatale, six à huit semaines après l’accouchement. On les fait, même si c’est un peu contraignant ! Puis, quand on en aura le désir, et que plusieurs mois se seront écoulés, on pourra commencer une nouvelle grossesse. Dans environ un cas sur deux, on aura une nouvelle césarienne. La décision se prend au cas par cas, tout dépend de notre utérus. Mais désormais, même en accouchant ainsi, on pourra mettre au monde… cinq ou six enfants !

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