Atteinte d’insuffisance ovarienne, je suis partie congeler mes ovocytes
Atteinte d’insuffisance ovarienne, je suis partie congeler mes ovocytes

A 32 ans, Elisabeth* a découvert qu’elle était atteinte d’une insuffisance ovarienne. Seule solution : faire un enfant tout de suite. Parce que ce projet n’était pas du tout d’actualité, elle est allée faire congeler ses ovocytes en Espagne pour augmenter ses chances d’être mère un jour. Témoignage.

Fertilité : elle a congelé ses ovules en Espagne

« Tout a commencé par une simple consultation chez le gynécologue. J’avais des cycles irréguliers et des règles qui revenaient souvent. Inquiète, mon médecin m’a tout de suite dit que ce trouble pouvait être le signe d’une insuffisance ovarienne précoce. Les examens qu’elle m’a prescrits ont confirmé le diagnostic. J’avais de moins en moins d’ovocytes, mes chances de grossesse s’amenuisaient au fil des cycles. Selon elle, j’étais prioritaire pour réaliser une vitrification ovocytaire (congeler mes ovules en vue d’une fécondation in vitro plus tard). Quelques jours plus tard, j’étais reçue à l’hôpital pour faire le point sur le protocole à venir. Et là, coup de théâtre : mon médecin m’annonce qu’elle a fait une erreur. Je n’aurais pas dû effectuer l’examen qui a révélé la chute de ma fertilité, car de toute façon, la loi ne m’autorise pas à congeler mes ovules. En France, seules les femmes qui vont faire un traitement (chimiothérapie) pouvant altérer leur fécondité, et depuis peu celles qui font un don d’ovocytes, ont le droit de congeler leurs ovules. Concrètement, soit j’essayais le plus rapidement possible d’avoir un enfant, soit je prenais le risque de n’être jamais enceinte. Un dilemme impossible à résoudre.

Une alternative s’offrait à moi, partir en Espagne faire congeler mes ovocytes

Là-bas, la vitrification est possible pour toutes les femmes qui le souhaitent moyennant un coût financier élevé. Je ne me suis pas laissée abattre, je suis allée voir des spécialistes pour leur demander leur avis.  Ils m’ont confirmé qu’en effet la loi française interdisait dans mon cas la conservation des ovocytes. Ma situation était inédite, j’avais découvert quelque chose que je n’aurais pas dû savoir, ou en tout cas pas à ce moment-là. En général, ce test est réalisé chez une femme qui présente des signes d’infertilité et essaie d’être enceinte. Elle peut alors directement s’orienter vers la FIV si les résultats ne sont pas bons. Ce n’était pas du tout mon cas. J’étais célibataire, je n'avais pas la chance d'avoir un partenaire avec qui nous étions en phase pour avoir un enfant... J’aurais pu balayer toutes ces informations de mon esprit, me dire « tant pis, on verra plus tard », mais non, c’était hors de question, je n’allais pas risquer de devenir ménopausée avant d’avoir des enfants. 

S’il faut aller à l’étranger pour espérer un jour devenir maman, j’irai…

Mon spécialiste m’a orientée vers la clinique IVI à Valence, très en pointe sur ces questions. Pour faciliter les démarches, il a accepté de démarrer le suivi en France en me prescrivant des examens. Il s’agissait de stimuler mon ovulation pour pouvoir ensuite prélever mes ovocytes au bon moment. Echographies, prises de sang, piqûres…  j’ai suivi le protocole en m’organisant tant bien que mal pour ne pas trop m’absenter au travail. J’ai mis de côté l’émotionnel, j’étais déterminée à aller jusqu’au bout. Je me suis envolée vers Valence avec ma mère, une semaine avant la fin du traitement pour la ponction. J’ai été très bien accueillie à la clinique, enfin, je me sentais légitime dans ma démarche et ça faisait du bien. On m’a expliqué clairement tout le déroulement de l’intervention, j’étais rassurée.  J’ai continué les prises de sang et les piqûres pendant une semaine. Le jour J est arrivé, les médecins ont prélevé mes ovocytes sous anesthésie générale. Malheureusement, cette première tentative a été un échec, la ponction n’a pas permis de récolter suffisamment d’ovocytes. J’ai dû refaire le protocole deux fois, c’est-à-dire le suivi en France et la ponction en Espagne. Les médecins ont finalement congelé 22 ovocytes, qui m’attendent désormais sagement dans un congélateur en Espagne pour le jour où je serais prête à fonder une famille. En réalité, la conservation est gratuite pendant 3 à 5 ans, et ensuite, elle devient payante. Le processus de congélation a un prix élevé, sans compter les frais engendrés par tous les allers et retours en Espagne. Au final, le coût total a été de 15 000 € environ pour trois ponctions. Sans l’aide de ma famille, je n’aurais jamais pu payer une somme pareille ! Aujourd’hui, je me sens soulagée d’avoir pris cette décision. J’ai 34 ans, toujours pas d’homme dans ma vie, mais je suis un peu libérée du stress de l’horloge biologique ! Bien sûr, je préférerais tomber enceinte naturellement, d’un garçon que j’aime. Mais si ça ne marche pas, j’ai toujours une solution de repli. »

 * Le prénom a été modifié


Article publié le 1 mars 2016 Article mis à jour le 2 novembre 2016
Vos commentaires

5 commentaires
sur "Atteinte d’insuffisance ovarienne, je suis partie congeler mes ovocytes"

  • 17h, ven 05 août. anonyme Dans quel CECOS as-tu été prise en charge ? > Signaler un abus
  • 16h, ven 05 août. anonyme Dans quel CECOS as-tu été pour qu'ils acceptent de vitrifier tes ovocytes ? Peut-etre as-tu une pathologie reconnue (chromosomique ou autre) qui rendrait cette démarche légale en France. > Signaler un abus
  • 14h, jeu 14 juil. anonyme Bonjour, j'ai une insuffisance ovarienne précoce qui a été décelée il y a quelques semaines, je suis célibataire et le cecos m'a proposé une prise en charge pour congeler mes ovocytes en France... Par contre je ne pourrais les utiliser qu'une fois en couple "stable " Je suis donc très étonnée de l'article ci dessus > Signaler un abus
  • 12h, lun 30 mai. anonyme Bonjour, Suite à une insuffisance ovarienne qui a pour conséquence une réponse très faible pour mes 2 premières FIV a Barcelone ( FIV 2 positive mais fc précoce) , nous nous sommes diriges vers une fiv do à Biotexcom apres les recommandations de nos amis. La 3iemes FIV s’est passee bien et je suis en 6 mois de grossesse ! Je peux vous rassurer que la clinique est sérieuse, ouverte aux couples, le coût du traitement est moins cher qu’en Espagne, le séjour a Kiev etait bien organise et compris dans le prix du programme, le coût du voyage n’etait pas cher. > Signaler un abus
  • 21h, mar 10 mai. anonyme Parfait!! > Signaler un abus
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