Infertilité masculine : le spermogramme à la loupe
Infertilité masculine : le spermogramme à la loupe
Le spermogramme pour mesurer la fertilité

Le spermogramme est l’examen de base pour explorer la fertilité masculine. S’il révèle une anomalie, il peut être complété par des tests plus approfondis.

Le déroulement du spermogramme

L’exploration de la fertilité masculine s’appuie principalement sur le spermogramme. C’est l’examen de référence qui doit être effectué dans le cadre de tout bilan d’infertilité. Concrètement, il consiste à  analyser un échantillon de sperme obtenu après masturbation. Avant l’examen, on recommande un délai d’abstinence sexuelle de trois ou quatre jours afin de ne pas influencer la qualité du sperme. Le jour J, vous vous rendez dans un laboratoire spécialisé, le matin de préférence. On vous remet un petit récipient stérile. Puis, on vous accompagne dans une pièce spécialement prévue à cet effet. Une désinfection des mains et du pénis est nécessaire avant l’éjaculation. Après l’examen, le récipient doit être aussitôt remis au laboratoire. Nombres d’hommes redoutent de faire un spermogramme. C’est vrai que l’environnement médicalisé et pour le moins aseptisé n’est pas vraiment propice à la détente. Des journaux ou encore des films sont parfois mis à disposition pour favoriser l’érection. En cas de difficulté, la présence de la compagne peut être autorisée. Du reste, si vous ressentez un véritable blocage, certains laboratoires acceptent le recueil à domicile, à conditions que les critères d’hygiène soient strictement respectés et que le prélèvement  soit apporté très rapidement au laboratoire.

Lire aussi notre dossier sur "Les causes de l'infertilité masculine"

 

Je n’ai finalement pas eu de blocage
« J’ai dû faire un spermogramme car ma compagne a une maladie et qu’il fallait voir si de mon côté si tout allait bien. Sur le coup j’étais très gêné de devoir faire cet examen. Je me disais “et si on détecte un problème”, “je vais jamais réussir”…  Au labo, le personnel a été très gentil. Ils ont essayé de me rassurer. Finalement, sur le moment tout s’est bien passé. J’ai eu le résultat quelques jours plus tard, ouf tout était normal. Avec du recul  je suis content de l’avoir fait.
Clément, 27 ans

 

Les résultats du spermogramme

Trois critères permettent d’analyser la qualité du sperme : la numération (nombre de spermatozoïdes par ml), la mobilité, et la morphologie (pourcentage de formes normales). Il est très difficile d’interpréter soi-même les résultats d’un spermogramme. Ainsi, mieux vaut attendre le coup de fil de son médecin avant de vous inquiéter. En règle générale, un sperme normal se caractérise par un nombre de spermatozoïdes supérieur à 15 millions par ml. La mobilité, autrement dit la manière dont se déplacent les spermatozoïdes, ne doit pas être inférieur à 40 %. Concernant la morphologie, les normes de la fécondité ont évolué ces dernières années, probablement en raison de la baisse de la qualité du sperme en occident. Une récente étude a montré une forte diminution de la concentration en sperme (de l’ordre de 30 %) ainsi qu’une réduction des spermatozoïdes de forme normale entre 1989 et 2005. Aujourd’hui, un spermogramme est considéré comme satisfaisant si le pourcentage de spermatozoïdes de forme normale est supérieur à 14 %. Mais ne vous inquiétez pas, rien n’est définitif. Il est impossible de faire un diagnostic d’hypofertilité en se basant sur un seul examen. La qualité du sperme varie selon les saisons, le mode de vie, l’état psychique… En cas de doute,  il est indispensable de refaire un examen quelques mois plus tard, sachant que la fabrication de sperme prend en moyenne deux mois et demi.

Les autres examens pour dépister l’infertilité

Si le spermogramme révèle une anomalie, votre médecin peut vous prescrire des examens complémentaires.

  • Le test de Hunher : C'est la femme qui s'y prête. Il consiste à examiner la glaire du col de l’utérus en milieu de cycle au moyen d'un prélèvement vaginal, après un rapport sexuel. Autrefois, il était systématiquement pratiqué avant tout bilan de fertilité chez l’homme. Il est aujourd’hui précédé du spermogramme, jugé beaucoup plus fiable.
  • La spermoculture : En cas d’anomalie, le biologiste procède à un examen plus approfondis du spermogramme. La spermoculture permet de rechercher la présence de germes dans le sperme afin de détecter une éventuelle infection.
  • Les bilans hormonaux : Comme pour la femme, un déséquilibre hormonal peut provoquer une hypofertilité chez l’homme. Différentes hormones interviennent en effet dans la spermatogénèse (production de sperme). Un dosage de l’hormone FSH, qui commande la croissance des spermatozoïdes est le plus souvent pratiqué.
  • L’échographie des testicules: L’échographie des testicules consiste à vérifier l’anatomie des testicules. Elle recherche également des inflammations locales. La varicocelle, par exemple, se caractérise par une dilatation veineuse au niveau des testicules.
  • Caryotype et biopsie testiculaire : Ces examens non systématiques sont demandés lorsque le spermogramme révèle un nombre très faible de spermatozoïdes ou une absence totale ceux-ci (azoospermie). Parfois, c’est l’échec répétés des tentatives d’AMP qui peut conduire à réaliser ces deux examens. Le caryotype détermine le code génétique d’une cellule au moyen d’une prise de sang. Quant à la biopsie testiculaire, elle consiste à prélever un petit morceau de testicule qui est ensuite analysé en laboratoire. L’objectif de cette opération est de rechercher s’il existe des spermatozoïdes au niveau testiculaire.

avec le Dr. Charles Brami, gynécologue-obstétricien à Paris, spécialiste de la fertilité
Article publié le 16 janvier 2013 Article mis à jour le 15 avril 2016
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