Œdipe : ma fille n'en a que pour son papa !
Œdipe : ma fille n'en a que pour son papa !
La relation fille et père

Lucie, 4 ans, n'en a plus que pour son papa. Depuis quelques mois, voilà qu'elle affiche envers sa maman une superbe indifférence. Seul son papa trouve grâce à ses yeux. Avec lui, elle en fait des tonnes : oeillades, sourires enjôleurs... Elle ne daigne dîner que si c'est lui qui l'installe à table et noue sa serviette. Et elle le clame haut et fort : c'est avec lui qu'elle se mariera. Emma, 5 ans, tente chaque nuit de se nicher entre ses parents dans le lit conjugal. Lorsqu'elle surprend un geste de tendresse entre eux, elle entre dans une violente colère. Laïs, 6 ans: « Dis papa, tu m'aimes plus que maman ? »

Mais qu'est-ce qu'il leur prend ? Rien que de très banal : elles traversent la période de l'oedipe. Attention cependant, il y a des gestes et des attitudes qu'il ne faut pas accepter de sa part. Lesquels ? Tous ceux équivoques qui mettent son père mal à l'aise (certaines caresses, les baisers sur la bouche) doivent être stoppés, sans violence mais avec fermeté. Sinon, vous entretenez l'ambiguïté dans la tête de la fillette qui aura d'autant plus de mal à renoncer.

La période de l'Œdipe chez la petite fille est un passage obligé

A partir de 3 ans, la fillette affirme son identité sexuelle. Son modèle, c'est sa mère. Elle s'identifie à elle jusqu'à vouloir prendre sa place. Donc séduire son père. Elle voit alors en sa mère une rivale et cherche à l'écarter, parfois violemment. Mais en même temps, elle l'aime toujours autant et ressent de la culpabilité face à ses émotions agressives. Tous les enfants de 3 à 6 ans traversent cette phase houleuse appelée période de l'oedipe, en référence à ce héros de la mythologie grecque qui tua son père et épousa sa mère. Les petits garçons jouent à la bagarre avec leur papa et câlinent leur maman. Les petites filles agissent plus en finesse, multipliant les manoeuvres de séduction vis-à-vis de leur papa. De l'ambivalence de leurs sentiments naît un trouble, une confusion que seuls les parents, par leur attitude ferme mais compréhensive, pourront évacuer.

Complexe d'Œdipe chez la fille : le rôle du père est décisif

Pas question de la repousser avec arrogance : l'image qu'elle se fera d'elle-même, de sa féminité et de son futur pouvoir de séduction dépend de votre regard admiratif et des compliments que vous lui adresserez. Mais surtout, n'entrez pas dans son jeu, ne lui laissez pas croire par votre attitude que vous pourriez vous laisser séduire sur un registre réservé aux adultes. Vous devez absolument, de façon claire et répétée, la remettre à sa place de petite fille. Dites : « Tu es très jolie, mais je suis déjà marié avec maman. Quand tu seras grande, je suis sûre que tu trouveras un jeune homme qui te plaira et avec lequel tu pourras, toi aussi, avoir des enfants. »

Complexe d'Œdipe chez la fille : la rivalité mère/fille

Vous vous sentez désarçonnée par l'indifférence ou l'agressivité que votre fillette vous témoigne soudain. Vos émotions sont plus fortes encore si vous avez mal vécu votre propre oedipe et vos sentiments de jalousie vis-à-vis de votre mère. Alors ne reproduisez pas le schéma : rappelez-vous que votre petite « rivale » n'est qu'une enfant, la vôtre, qui vous aime et compte sur vous pour la guider. Ne la ridiculisez pas, ne vous moquez pas de ses efforts maladroits pour plaire à son père. Gardez-vous d'entrer dans le registre de la rivalité, mais rassurez-la, tout en restant ferme : « Moi aussi, quand j'avais ton âge, je rêvais d'épouser mon papa. Mais ce n'est pas possible. Quand je suis devenue une femme, j'ai rencontré ton père, nous sommes tombés amoureux et c'est comme ça que tu es née. » Aidez-la à s'identifier à vous dans d'autres domaines.


Article publié le 11 juillet 2007 Article mis à jour le 23 juillet 2014
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