Augmentation du nombre d’enfants par encadrant, places en collectivités insuffisantes… Le collectif Pas de bébés à la consigne souhaite l’abrogation du décret Morano. Entretien avec Michèle Matthey-Geantet, auxiliaire de puériculture et membre du collectif.
Elodie MoreauQue demandez-vous concrètement au gouvernement ?
Tout d’abord, nous souhaitons le retrait du décret Morano. Nous avons fait un recours au Conseil d’Etat. Par ailleurs, l’Etat, en lien avec les collectivités territoriales et la Cnaf, doit financer un plan d’urgence pour le bien de tous. Les accueils à mi-temps, qui tendent à se développer, risquent de morceler les enfants, notamment les plus fragiles. L’enfant est un petit être qui a besoin de stabilité et notre métier est difficile. Cette pratique est néfaste pour le développement et le psychisme des tout-petits car il n’y a aucune continuité.
Quant à la création de 200 000 places d’accueil, annoncée par le gouvernement, cela reste considérablement inférieur aux besoins réels. Il manque, en France, entre 300 000 et 400 000 places d’accueil pour les jeunes enfants.
Et concernant la formation des professionnels ?
Le gouvernement annonce la formation de 3000 personnes par an, alors qu’il en faudrait 10 000 par an, pendant trois ans ! Il y a un véritable manque de professionnels qualifiés. Nous ne sommes pas contre les CAP petite enfance qui permettent de travailler en crèche, mais cette formation est en grande partie basée sur la culture générale et comporte moins d’heures de pratique, comparée aux formations d’auxiliaire de puériculture ou d’éducatrice de jeunes enfants.
Nous souhaitons aussi mettre un frein à la rentabilité de l’accueil des jeunes enfants, incitée notamment par la prestation de service unique, mode de financement à l’heure de présence des enfants, entraînant des exigences inadaptées.
Enfin, nous souhaiterions assurer une véritable carrière pour les assistantes maternelles.
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