La néophobie alimentaire
La néophobie alimentaire

Votre enfant refuse les aliments qu’il ne connaît pas ? Pas de panique ! Cette phase, appelée néophobie alimentaire, est très courante chez les enfants âgés de 18 mois à 6 ans. On fait le point pour dédramatiser et pour y remédier en douceur.

Bébé et la néophobie alimentaire

La néophobie alimentaire où la peur de la nouveauté

La néophobie correspond à la peur de ce qui est nouveau. Dans le domaine de l’alimentation, c’est le fait pour un enfant d’être effrayé par tous les aliments qu’il ne connaît pas. En conséquence, il va les rejeter en bloc et refuser de les manger.  Il suffit pour cela qu’on lui propose un aliment présenté différemment  de d’habitude pour qu’il ne veuille plus y toucher.  Attention toutefois de ne pas confondre caprice à table (chantage, prise de pouvoir sur le parent), généralement pas avant l’âge de trois ans, et néophobie alimentaire où l’enfant a vraiment peur de ce qui se trouve dans son assiette.

La néophobie alimentaire, à quel âge ?

La période de néophobie alimentaire se situe entre 18 mois et 6 ans. Le pic est aux alentours de 18 mois-3 ans et coïncide avec la phase d’opposition ou « âge du non ». Elle touche 77 % des enfants âgés de 2 à 6 ans, elle est donc courante et normale.

Quels sont les signes d’une néophobie alimentaire ?

Du jour au lendemain, l’enfant refuse quasiment tout ce qu’on lui propose.  « Il arrive parfois que cette néophobie s’étende à d’autres domaines », explique le docteur Solsona. Par exemple, le tout-petit veut toujours la même histoire le soir et refuse toutes les autres. Finalement, tout ce qui est nouveau est mal accepté.

Combien de temps dure la néophobie alimentaire ?

En général, la néophobie alimentaire dure quelques semaines voire quelques mois. Mais cela dépend en fait, en grande partie, des adultes présents lors du repas des enfants. Pour le docteur Solsona, plus ils sont calmes et neutres, plus la néophobie alimentaire passe rapidement. Il peut toutefois arriver qu’elle dure plusieurs années, mais c’est heureusement beaucoup plus rare. C’est le cas lorsque les enfants remarquent que leurs refus alimentaires leur donnent un certain pouvoir sur leurs parents.

Comment réagir face à un enfant qui refuse de manger ?

En premier lieu, "lorsque l’enfant refuse de toucher à l’aliment, on ne le gronde pas", préconise le docteur Solsona. Il a avant tout besoin d’être rassuré. Il faut lui dire que c’est bon et lui montrer qu’on en mange aussi. S’il ne veut toujours pas goûter, on continue le repas comme si de rien n’était. L’enfant a quand même le droit à un dessert (compote ou fruit) car il ne faut pas qu’il se sente puni. On évite également tout chantage du style : « si tu manges, tu auras le droit à une mousse au chocolat ». On peut également raconter à son enfant des anecdotes, lui dire que l’on est aussi passé par là. Au final, il est important que le repas se déroule le plus sereinement possible.

Comment inciter son enfant à manger ?

Quand l’aliment arrive dans l’assiette, il doit être connu de l’enfant. Pour cela, il est important d’impliquer son tout-petit car plus il sera au contact des aliments en amont, plus la phase de néophobie alimentaire se réglera rapidement. On peut ainsi faire les courses avec lui et le faire participer à l’élaboration du repas, en lui confiant de petites tâches adaptées à son âge. Autres possibilités : lui montrer un imagier des aliments ou en créer un avec lui. Enfin, toute la famille (frères et sœurs, parents…) doit manger les mêmes aliments que l’enfant pour donner l’exemple. Le fait de manger ne doit pas être vécu comme une punition mais comme un plaisir.

A partir de quand s’inquiéter et consulter ?

Il est primordial de ne pas se décourager trop vite. Le docteur Solsona explique qu’il y a « une nette augmentation de l’acceptation d’un aliment quand on le présente 8 ou 9 fois. » A condition toutefois que la présentation de l’aliment soit la même pour que l’enfant puisse bien le reconnaître. Sinon, la première raison de consulter un médecin, c’est lorsque la croissance de l’enfant se ralentit ou s’arrête ; un cas plutôt rare selon le docteur Solsona. Mais, dès que les parents sont inquiets, elle conseille d’aller voir un professionnel de santé. Il pourra les rassurer, leur redonner  courage,  et parler avec l’enfant. Il faut que les parents se sentent en confiance pour traverser au mieux cette période et savoir accepter que pendant quelques temps leur enfant mange peu.


avec le docteur Florence Solsona, médecin nutritionniste, auteure de « Mon enfant mange mal ! » (Larousse)
Article publié le 18 mai 2009 Article mis à jour le 11 septembre 2015
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